Sénégal : trois scénarios
48 heures. Deux institutions décapitées. Un pays à la croisée des chemins, et un Sahel qui observe chaque mouvement. Ce qui se joue à Dakar façonne l'architecture de sécurité de l'Afrique de l'Ouest.

01Rupture orchestrée — « Le théâtre du conflit »
Probabilité 35%Récit. La rupture Faye–Sonko est un théâtre performatif. Les deux acteurs se sont coordonnés à huis clos : une séparation institutionnelle planifiée, conçue pour permettre à Faye de pivoter vers la France et le FMI pendant que Sonko gère la base de la rue. Le conflit est l'histoire de couverture.
Indicateurs clés — à surveiller :
- Pas de violence de rue majeure : les manifestations restent symboliques, pas de mobilisation durable
- La discipline du PASTEF tient : pas de fracture publique, pas de factions rivales
- Les discussions avec le FMI s’accélèrent sous 3 à 4 semaines : l’accord sur la dette avance discrètement
- Sonko accepte publiquement un « nouveau rôle », sans geste hostile envers Faye
Risque immédiat faible. Le Sénégal se stabilise en interne et maintient son alignement CEDEAO. Le terrorisme régional n'est pas affecté. Les pays de l'AES restent prudents, sans catalyseur d'escalade.
02Véritable lutte de pouvoir — « Sonko pivote vers l’Assemblée »
Probabilité 50%Récit. La rupture est réelle. La démission de Ndiaye ouvre le siège de président de l'Assemblée. Sonko, limogé mais libre, toujours chef du parti avec une base jeune massive, pivote pour devenir président de l'Assemblée nationale. Deux centres de pouvoir se forment. Faye contrôle la présidence ; Sonko contrôle le législatif.
Indicateurs clés — à surveiller :
- Élection du président convoquée : l'Assemblée nationale annonce le calendrier (Semaine 1)
- Sonko déclare sa candidature : le PASTEF se mobilise derrière lui (Semaine 2)
- Faye bloque ou retarde l'élection : seuil de crise constitutionnelle (Semaine 3)
- Mobilisation de rue : manifestations de jeunes, rassemblements de Sonko, paralysie législative
Forte déstabilisation régionale. Le conflit interne du Sénégal signale une faiblesse. Les pays de l'AES se durcissent contre la CEDEAO. Le JNIM accroît la pression sur les frontières orientales du Sénégal. L'arc côtier (Dakar–Abidjan–Cotonou) perçu comme fracturé.
03Intervention militaire — « Coup d’État constitutionnel »
Probabilité 25%Récit. Si Faye et Sonko s'enferment dans une guerre ouverte (escalade du scénario 2), l'armée, formée par la France et alignée sur l'Occident, utilise la crise constitutionnelle comme prétexte pour prendre le pouvoir. Le Sénégal rejoint le Mali, le Burkina et le Niger dans la ceinture des juntes militaires. La CEDEAO perd son dernier ancrage de démocratie civile au Sahel.
Indicateurs clés — à surveiller :
- Blocage constitutionnel : élection du président paralysée depuis 4+ semaines, juridictions divisées
- Déclaration publique de l'armée : le chef d'état-major signale une préoccupation de « stabilité institutionnelle »
- Mouvements de troupes inexpliqués autour de Dakar : palais présidentiel, RTS, ministères clés
- Exécution du coup : assemblée et présidence suspendues ; conseil de transition installé
Perte du dernier ancrage civil de la CEDEAO. L'AES y lit une déstabilisation coordonnée par l'Occident. Le JNIM accélère ses attaques sur la ceinture côtière. Débordement vers la Guinée-Bissau, la Guinée et la Sierra Leone. Rupture totale AES–CEDEAO déclenchée.
Surveillez les indicateurs
Les 30 prochains jours au Sénégal détermineront quel scénario se déploie, et avec lui, l'architecture de sécurité de tout le Sahel ouest-africain. Suivez SRM pour des mises à jour quotidiennes du renseignement.